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Actualité politique

Fonder une alternative antiproductiviste à gauche - par Paul Ariès

Journées de l’écologie radicale 29-31 août 2008 à Miremont (63)

mardi 9 septembre 2008.
Paul Ariès :
Rédacteur au journal la décroissance
Directeur de la rédaction du sarkophage

Je salue mes amis antiproductivistes, anticonsuméristes et autres objecteurs de croissance réunis à l’invitation du collectif auvergnat pour fédérer une gauche antiproductiviste. Je ne peux être des vôtres physiquement en raison de mon état de santé mais je sais à la lecture des premières contributions reçues que vos travaux seront fructueux. Je suis convaincu que l’impasse politique de la gauche tient d’abord à son retard théorique. Nous n’avons pas assez vu en quoi la généralisation du mode de vie capitaliste, ce que mon ami Accardo nomme la « moyennisation de la société » fut un piège. Nos adversaires eux le savaient : ainsi l’économiste anglais George Monbiot (fils du vice-président du parti conservateur britannique) rappelle avec raison que « les gouvernements adorent la croissance parce qu’elle les dispense de s’attaquer aux inégalités.... ». Henry Wallich, l’ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine entre 1974 et 1986 ne dit pas autre chose : « la croissance est un substitut à l’égalité de revenu. Tant qu’il y a de la croissance, il y a de l’espoir et cela rend tolérable les grands écarts de revenus », « la croissance est un sédatif politique qui étouffe la contestation, permet aux gouvernements d’éviter l’affrontement avec les riches, empêche de bâtir une économie juste et durable »... Rien ne serait cependant plus dangereux que d’attendre la solution de l’impossibilité même de poursuivre cette « marche en avant » vers toujours plus de production et de consommation. Nous savons trop qu’il ne suffit pas d’avoir raison pour gagner : encore faut-il rendre notre projet désirable c’est à dire capable de mobiliser tous ceux qui y ont collectivement intérêt. Le moment est donc venu, pour nous, d’en finir avec une certaine gauche c’est-à-dire avec sa vision de l’histoire, sa conception du politique, son rêve d’un gâteau (PIB) toujours croissant.
En finir avec cette gauche là est nécessaire pour retrouver, sous ses sédiments solidifiés, le sang qui vivifiait autrefois ses rêves, ses valeurs, ses projets, ses combats, ses conquêtes. Tout se passe comme si nous avions perdu la capacité d’imaginer un autre monde en raison de ce « trop de réalité » qui nous broie et nous interdit toute construction d’une utopie concrète.

Comment croire qu’être « révolutionnaire » aujourd’hui puisse être de revendiquer le SMIC à 1500 euros « tout de suite » face à une gauche réformiste qui le promet, elle, pour plus tard ?
Si l’identité de gauche doit être conservée, c’est d’abord pour éfendre les dimensions non économiques de nos existences, pour valoriser les cultures populaires, c’est à dire pour se refuser (individuellement et collectivement) comme forçats du travail et de la consommation.

Nous ne pourrons renouer à gauche avec l’espoir que si nous rejetons, à la fois, l’idée qu’un autre monde ne serait pas possible et celle qu’un autre monde serait de toute façon inéluctable.

Voir le dossier complet en pièce jointe...


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Alternative antiproductiviste à gauche

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