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La crise majeure de la presse lyonnaise menace le pluralisme local de l’information

Par contre les potins d’Angèle, à lire chaque semaine, c’est bon et çà marche !

dimanche 15 janvier 2006.
La presse lyonnaise connaît une crise majeure. Depuis deux mois la capitale rhônalpine, qui fut le laboratoire de la presse nationale dans les années 1980, enregistre une série d’échecs qui met en péril le pluralisme de l’information au plan local. Au total, plus de cinquante journalistes, à Lyon, sont menacés ou ont déjà perdu leur emploi depuis le début de l’année 2006.

Deux hebdomadaires locaux généralistes sont menacés, illustrant la difficulté pour la presse indépendante, en région, de s’adosser aux milieux économiques, sensibles aux pressions des pouvoirs publics locaux. Lyon Capitale, hebdomadaire indépendant créé en 1994, qui avait réussi à survivre depuis dix ans, a été placé en redressement judiciaire. Ce journal - qui compte trente salariés -, avait été racheté en septembre 2005 au quotidien Le Progrès par Bruno Rousset, le patron du groupe d’assurance April, coté au premier marché boursier. Il n’a pas résisté à la première polémique avec le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, à propos des marchés publics. Après que la mairie eut coupé les budgets publicitaires de l’hebdomadaire, l’homme d’affaires, qui s’est fait tancer par M. Collomb et quelques chefs d’entreprises influents comme Bruno Ginon, le patron de GL Events, a limogé le PDG fondateur de Lyon Capitale, avant de déposer le bilan du journal, le 3 janvier.

PRESSIONS DES POUVOIRS PUBLICS

Tribune de Lyon, un autre hebdomadaire généraliste, le dernier-né de la presse lyonnaise, lancé en septembre 2005 par une jeune équipe talentueuse, est aussi en péril. Son propriétaire, Fernand Galula, un homme d’affaires à la retraite, proche du maire de Lyon, également en conflit avec sa rédaction, a décidé, mercredi 11 janvier, de licencier sept de ses treize journalistes - ceux qui s’opposaient ouvertement à lui sur la ligne éditoriale.

Côté audiovisuel, la situation n’est guère plus florissante. Lyon accueille certes, dans sa périphérie, à Ecully, l’une des trois grandes télévisions internationales d’informations continues, Euronews. Dans la plus grande discrétion, il est vrai. La chaîne, contrôlée par 19 télévisions publiques européennes, emploie 250 salariés (dont 160 journalistes). Elle prépare une rénovation de son concept pour faire face à l’arrivée de nouvelles concurrentes, telles que la Chaîne française d’information continue.

Mais les antennes locales ont plus de mal à trouver leur place. La suppression des décrochages d’information locale de RTL, depuis le 1er janvier 2006 (Le Monde du 9 novembre), a sonné la fin de ce type de régionalisation des radios nationales ; Europe 1, en 2002, et France-Info, en septembre 2005, y avaient déjà renoncé. La chaîne locale Cité Télévision, propriété de Numéricable et de six communes de l’est lyonnais, a été placée en liquidation judiciaire, le 20 décembre. Quant à l’autre télévision locale, Télé Lyon Métropole (TLM), qui perd de l’argent, son sort reste suspendu à la cession annoncée du pôle Socpresse Rhône-Alpes dont elle dépend (Le Progrès, Le Dauphiné libéré, Le Bien public, Le Journal de Haute-Saône) par le groupe Dassault.

L’avenir du quotidien lyonnais Le Progrès est le gros dossier de cette cession annoncée. Trois noms de repreneurs sont toujours avancés, l’Espagnol Voccento, le Britannique Mecom et le quotidien régional lorrain L’Est républicain associé au Crédit mutuel. Aucune offre financière n’a encore été retenue par le groupe Dassault. Au siège du Progrès, à Lyon, la rédaction entretient peu d’illusion sur son avenir et s’attend, quel que soit le repreneur, à subir un nouveau dégraissage, après plusieurs plans sociaux ces dernières années.

SITUATION MONOPOLISTIQUE

La deuxième agglomération de France comptait, au milieu des années 1980, deux quotidiens régionaux avec Le Progrès et Lyon Matin, ainsi que les éditions locales des grands quotidiens nationaux : Lyon Libération, Le Monde Rhône-Alpes, L’Humanité Rhône-Alpes et Le Figaro Rhône-Alpes. Le paysage médiatique local risque de revenir à une situation monopolistique. Après la cession du pôle Rhône-Alpes par la Socpresse, Lyon Figaro, qui survit dans un format très réduit grâce à son couplage publicitaire avec la régie du Progrès, serait immédiatement menacé.
Resteraient alors un Progrès diminué, Lyon Mag, un mensuel controversé, et des journaux gratuits qui, eux, prospèrent.

Sophie Landrin
Le Monde - Article paru dans l’édition du 14.01.06

PS : Le coup de bâton asséné par le journal « Les potins d’Angèle » (N° 19 du 19 au 25 janvier 2006 :
Il ne faut pas oublier que, lancés en septembre 2005, « Les Potins » ont su trouver, depuis, toute leur place dans le paysage médiatique local

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